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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /2007 15:38

A présent, la jument se laissait  approcher mais encore avec beaucoup de crainte. Je commençai donc le pansage par l’encolure à la brosse douce puis à la crinière. Je m’attardais plus longuement sur la crinière notamment au niveau du garrot comme savent le faire les chevaux entre eux. Et ce que j’attendais, arriva, elle se retourna, sans aucune brusquerie et me pinça au niveau des côtes.

Mais, malheureusement, la couche de protection n’était pas assez épaisse et la morsure me décolla le muscle des côtes, en même temps qu’un petit cri étouffé d’une douleur qui vous transperce.

La jument réagit au gémissement en cessant immédiatement et dans la crainte d’un geste brusque de ma part renversa sa tête sur le côté, laissant son gros œil interrogatif sur mes intentions.

Ne réagissant pas à sa réaction et en continuant de la réconforter les dents serrées et la poitrine en feu, je continuai le pansage sur l’encolure et je recommençai sur la crinière.

De même, que la première fois, la jument se retourna mais cette fois m’attrapa le bras, qui heureusement  était protégé. La douleur fut moins perçante mais comparable à un pincement.

En tout, elle mordit ainsi environ 4 fois, avant qu’elle ne comprenne que je n’étais pas un cheval et que si le geste que j’effectuais était aussi amical que ses congénères, je ne demandais pas forcément la réciprocité.

 

La suite se passa sans incident, même si je sentais durant le pansage une délicatesse tactile qui ne m’était pas inconnue, mais sans aucune pensée sur ce qu’elle était réellement.

Le mors, la longe, la selle tout se passa normalement. Et arriva le troisième jour, le jour de la monter.

Ce qui me réveilla des souvenirs non très lointains se fut sa réaction au montoir. En effet, les première fois que je mis le pied à l’étrier la jument se poussa contre les barrières, et à plusieurs reprises.

Cette fois, le doute n’était plus permis, il s’agissait bien encore une fois de ce que les nantis appelaient une jument dangereuse.

Mais il n était pas dit, que je n’y arrive pas, et en insistant légèrement la jument fini par ne plus bouger au poids de l’étrier.

Par contre, une fois dessus, les sensations que j’avais oublié par la monte de chevaux dit moins sensibles, me sauta au visage, et me rappela avec violence la façon d’agir.

Me raidissant, me grandissant, et surtout immobilisant le mouvement de mon poids du corps par rapport à sa respiration et à sa tentative de rééquilibrage, la jument s’inquiéta mais ne bougea pas.

Ces premiers pas, furent hésitant, et je sentais bien l’inquiétude monter en elle et surtout le danger qu’une seul erreur de ma part en ne mettant pas mon poids à l’exactitude sur son centre de gravité, provoquerait en elle une panique telle, qu’elle se jetterai avec rage sur les barrière en bois du rond de longe, afin de se débarrasser de moi.

Mais, il n’en fut rien, et mon expérience acquise m’aida d’autant plus, qu’après quelques pas, elle se mit en confiance et marcha tout à fait normalement mais sans relâcher son attention sur son équilibre.

Les sensations éprouvées à ce moment là furent immense, et étaient multiplié par 10 par rapport à la première fois, en effet, au bout de quelques minutes la jument effectuait des épaules en dedans, des cessions à la jambe et je dus à contre cœur m’arrêter là, car le but de la séance n’était pas le dressage, mais une mise en confiance.

J’étais non seulement content de moi mais également très fier de mon élève.

L’après midi, la promenade se déroula sans incident et dans le calme le plus complet, d’autant que sa mère nous accompagnait.

Le lendemain, la ligne de conduite que je m’étais fixée dans le dressage de ces chevaux sauvages s’était largement obscurci car je ne voyais toujours pas d’argent venir et j’étais de plus en seul à m’occuper de tous les chevaux.

Cependant, je décidai de finir mon travail avec cette jument et de partir de ce lieu dont les personnes profitaient de mes connaissances sans me rémunérer et en me mentant constamment.

Je monterai donc la jument et je rejoindrai Marseille, que j’habitais à l’époque.

Mais, il faut savoir pour bien comprendre la fin de l’histoire que la veille, deux personnes d’une association de sauvegarde des animaux sont venues sur les lieux. Elles connaissaient bien l’endroit et connaissaient l’existence des chevaux sauvages et avaient été averties de ma présence par la propriétaire des lieux. (Par la suite elles devinrent des amies).

Dans leur venue, elles avaient pris le soin d’amener deux chèvres qui étaient condamnées à l’abattoir, que la propriétaire des lieux eu la bonne idée de relâcher également dans la montagne.

En ce début d'après midi, je partis en promenade  avec ma belle jument.

Tout se passa bien, et jugeant que sa fatigue était suffisante car elle n’était pas encore habituée à supporter le poids d’un homme trop longtemps, je décidais de faire demi tour.

Et c’est à  l’entrée d’un virage que je vis les deux chèvres en plein milieu du chemin, me fixant de leurs regards désemparés, en bêlant.

J’eu juste le temps de dire « elles sont mignonnes », que je vis la jument faire volte face vers la droite et sauter à travers les arbres dans un ravin.

Heureusement pour moi, ce devait être le seul endroit le moins pentu, mais cela ne m’empêcha pas de me retrouver par terre, le souffle coupé me voyant asphyxié au fur et mesure que les secondes passaient.

Le souffle revenu, j’essayai de bouger tous les doigts et mes membres ; tous semblaient bouger mais j’eu une drôle de sensation au niveau de la fesse gauche.

J’essayai de me relever mais impossible, ma jambe gauche n’obéissait plus, c’est en touchant l’articulation de ma hanche que je compris. C’était une luxation fémorale, j’avais la tête du fémur au milieu de la fesse.

J’essayai comme je pouvais de m’extirper de ce ravin, mais je ne pus gravir que 2 mètres alors que la piste était à une dizaine de mètres plus haut.

Je regardai autour de moi, les chèvres n’étaient plus là, et la jument était  à une centaine  de mètres en train de manger l’herbe de la montagne qu’elle connaissait si bien.

Heureusement, 1 heure plus tard, des touristes passant sur la piste purent entendre mon appel au secours et je fus évacué par hélicoptère sur Digne.

Aujourd’hui, tout va bien même si j’ai dû abandonner le débourrage des chevaux non pas à cause de l’accident mais de personnes de mauvaise foi.

Par SAM - Publié dans : HISTOIRES VECUES - Communauté : Monde équestre
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