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Dimanche 2 décembre 2007

                    LA JUMENT SAUVAGE

 

A l’époque j’avais été contacté par une amie pour laquelle j’avais travaillé ses deux juments camarguaises encore pouliche.
Elle me demanda si j’étais intéressé pour débourrer des chevaux sauvages contre 2000 FR à l’époque par cheval vendu.

Je lui répondis que cela m’intéressait et que surtout cela m’offrira peut être une perspective d’avenir, voir de carrière.

Elle m’expliqua succinctement que les chevaux étaient en liberté en pleine montagne, qu’ils étaient livrés à eux même et ne s’approchaient de leur soit disant propriétaire que de rare fois pour manger du foin ou des prés entretenus pour eux.

L’histoire se passe du côté de BARCELONNETTE, un charmant village de montagne.

 

Effectivement, lorsque je me rendis sur place, le lieu était sauvage, peu accessible, mais d’une beauté sans égale car  la main de l’homme y était rare et seul quelques passionnés de marche ou de vieilles pierres se croisaient par le pure hasard du temps.

Je fis donc connaissance de la propriétaire des lieux et des chevaux. C’était une jeune femme blonde, très belle et avec beaucoup de charme. Elle avait une fille de 8 ans et son mari se débattait pour leur amener une vie descente en s’acharnant dans son travail et dés qu’il le pouvait dans l’aménagement de la propriété.

Les chevaux n’étaient pas là et il fallait attendre qu’ils veuillent bien se montrer pour avoir un aperçu de l’état et du nombre du groupe.

Ce n’est que 2 jours plus tard, que je vis apparaître le groupe de chevaux sauvage. Ils étaient une quinzaine, de race non défini mais possédant une ossature robuste ainsi qu’une musculature à l’épreuve du milieu escarpé dans lequel ils vivaient.

Afin, de les étudier plus longuement nous mîmes du foin pendant une semaine.

Le groupe se composait d’un étalon de style anglo que la propriétaire avait amené et mis en liberté faute de moyen pour s’en occuper.

La meneuse était une jument suitée d’un jeune poulain de 1 an  et de sa fille 4 ans qui suivait encore sa mère. La meneuse était de race lourde de style boulonnaise et  était la plus vieille du groupe.

Son expérience lui conférait le droit de choisir le chemin vers le lieu où l’étalon voulait les emmener. Son caractère et sa prestance faisait d’elle, une jument respectée et dont sa place était non seulement mérité mais respectable.

Les autres membres du groupe se composait de jeunes mâles aux nombres de 4 ou 5  et âgés de 4 ans, des femelles jeunes, d’âge différent dont certaine étaient déjà suitée.

Il devenait urgent de commencer le débourrage avant que l’étalon ne chasse les jeunes mâles du groupe d’une façon plus ou moins violente.

Afin, de les habitués à ma présence, plusieurs fois par jour, je disséminai quelques tas de foin à leur attention. Au bout d’une semaine, ma présence fut acceptée et je pu m’approcher à une distance raisonnable sans pour autant les toucher. Nous prîmes donc la décision de les parquer avec du fil électrique  et d’attendre afin d’observer leur réaction face à ce nouvel élément.

Le lendemain, les chevaux étaient toujours là et ne semblaient pas trop désorientés par l’absence de surface. Il faut dire que l’étalon ayant été dressé auparavant cela facilité ma tâche puisqu’il connaissait les fils électriques et les respectaient.

Je décidais de commencer le débourrage par les jeunes mâles. Pour les attraper, ce fut relativement simple, nous menâmes le groupe en fabriquant un couloir jusque dans une grange où l’on pu trier les chevaux qui devaient commencer à travailler.

Je pris les jeunes chevaux et entrepris donc de les débourrer. En moins de 15 jours, les jeunes mâles étaient débourrées et commençaient à travailler. On leur construisit des boxes, et je les sortaient plusieurs fois par jour.

La suite devait être plus laborieuse car les juments ne sont pas forcément les plus faciles. Et je vis plus tard que mon impression était fondée.

Je voulus par la suite débourrer la meneuse et sa fille de 4 ans. Mais les séparer était impossible. Il nous fallut 2 jours pour les faire entrer dans la grange car à chaque fois elle réussissait à casser les fils ou en encore à passer à travers la porte.

Mais ma ténacité et ma patience eurent raison de leur intolérance.

Ces juments étaient plus imposantes et plus intimidantes surtout que la montagne leur avait conféré une musculature impressionnante.

J’avais décidé de séparer les juments dans 2 boxes cote à cote mais distincte malgré tout. Et surtout de les débourrer les unes derrière les autres et non pas en même temps. Car j’avais senti la jeune jument plus nerveuse et beaucoup plus sauvage que ses congénères.

Pour la meneuse, se fut facile, et la promenade en montagne se passa bien et même très bien.

Pour la fille, se fus plus délicat :

Maintenant qu’elle était dans un boxe de 3 X 3, l’approche était un peu plus facile.

La difficulté avec un cheval sauvage est d’entré dans le boxe sans avoir peur soit même et sans suscité l’agressivité du cheval.

Car vous comprendrez bien que même sans brutalité un cheval qui se retourne dans un boxe un peu brusquement est une chose qui peut faire de vous une crêpe contre un mur.

La première chose à faire donc, était de lui mettre un licol, voyant que je n’arrivais pas par l’intérieur du boxe car la jument se retournait constamment et mettait ma sécurité un peu trop à l’épreuve.

Je pu mettre finalement le licol par l’extérieur à l’aide d’un bâton et d’une corde que je pu glisser autour de son encolure.

Lorsqu’elle fut apaisée, je glissais le licol autour de sa tête, tout en lisant encore dans ses yeux toute l’inquiétude de sa nouvelle captivité.

L’approche avec elle était plus longue qu’avec les autres chevaux, elle était plus craintive.

Je pris donc plus de temps et passait mes journées entières avec elle, lui laissant quelques moments de répit pour manger et sentir la chaleur de sa mère dans le boxe contigu.

L’après midi du premier jour, après l’avoir licoler pendant tout une matinée j’entrepris après le repas de lui effectuer un pansage. Mais avant, j’avais pris le soin de munir mes bras et le torse de carton et journaux afin de me prémunir des différentes morsures que j’allais recevoir.

Je ressemblai à un bibendum sous une chaleur en été.

Par SAM - Publié dans : HISTOIRES VECUES - Communauté : Monde équestre
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